|
Association Tango Fuego
la passion du Tango Argentin à Strasbourg, el Tango como en
Buenos Aires
|
Interview
avec Michel « El tano »
le Dj
ou plutôt
« El Musicalizador » de la « Milonga
Linda »proposée par « Tango Fuego
»
|
|
|
Q –
Michel,
ça veut dire quoi « El tano
» ?
R – C’est un diminutif
qu’on m’a donné il y a 8 ans environ
quand je faisais mes « 1ères armes » en
tant que « musicalizador » de soirées
tango à Strasbourg. En fait, je suis d’origine
italienne et en « lunfardo » (Langage argotique de
Buenos-Aires ), « tano » vient de «
napolitano » et signifie littéralement
l’immigré de Naples. Par extension, ça
s’est appliqué à «
l’italien » en général. Ce
n’est pas plus compliqué que cela !
|
Q –
Comment en es-tu venu à cette «
fonction » de Dj ?
R -
Dès que j’ai commencé à
danser le tango, je me suis intéressé
à la musique tango qui m’a tout de suite
« capturé et fasciné » et
j’ai assez vite acquis pas mal de Cd’s.
De chaque
festival ou bal où nous allions avec Martine, je revenais
avec mon « lot » de Cd’s. (Dans lequel il
y avait du bon mais aussi du moins bon… !). Je faisais trop
confiance aux vendeurs !
A chaque fois que nous allions danser, je notais aussi ce que
j’entendais, ce que je trouvais
d’intéressant, comment les danseurs
réagissaient à la programmation qui leur
était proposée…etc
De façon disons « autodidacte »
j’ai ainsi enrichi mes connaissances en la
matière.
Il y a environ 8 ans, les soirées de
« pratique de tango » qui étaient
proposées ici étaient assez «
tristounettes » et ça manquait cruellement
« d’ambiance ». Les organisateurs ne
disposaient pas d’un éventail suffisamment large
de Cd’s et il n’était pas rare
d’entendre « défiler » 10
titres du même Cd !
On en a alors parlé entre
danseurs car il y avait progressivement une désaffection
pour ces soirées et un jour « ou plutôt
un soir ! », me voilà «
parachuté » aux commandes d’un lecteur
double platine (Ce n’est pas ce qu’il a de plus
compliqué à faire marcher !) avec ma mallette de
Cd’s, mes mini-disc et surtout….
l’angoisse d’une certaine…
«obligation de résultat » !
Je garde en
mémoire que cette « 1ère » a
été une réussite, l’ambiance
a été excellente et tout le monde est reparti
content !
La machine était lancée si je puis dire.
Ensuite,
je me rappelle des soirées que j’animais
à la salle du Lazaret quand je mettais des tangos (Certes
très sympas à danser car le monde qui dansait sur
la piste en était la preuve) de façon disons
« pas très académique ! ».
Je ne connaissais pas je dois l’avouer les règles
de base de la programmation telles qu’elles existent de
longue date à B-A.
J’ignorais les « tandas », les
« cortinas et je programmais mes tangos « au
feeling » en me disant : « ça
j’aime bien, c’est entraînant et sympa
à danser…allons-y ! »
Je passais sans scrupule d’un tango sentimental et
chanté de Fresedo à un instrumental
détonnant de d’Arienzo…de quoi faire
hérisser les cheveux des « vieux milongueros
» de Buenos-Aires !
Il faut dire que le public de danseurs n’étant pas
non plus au courant de ce « rituel », ça
ne choquait personne et tout le monde dansait… tant mieux
pour moi !
Q –
Depuis « tes débuts », les
choses ont changé ?
R
– Oui, car si l’on dit que «
On apprend
en regardant et en écoutant », ce n’est
pas pour rien. En aparté et pour mieux expliquer comment les
choses ont évolué à mon niveau, je
dirais que le facteur déclenchant a
été
le 1er voyage de formation à Buenos-Aires que nous avons
fait Martine et moi .Pendant 1 mois, nous avons pris d’abord
énormément de cours de tango pour nous
perfectionner (On commençait le matin à 10h
jusqu’à 18h l’après-midi et
le soir nous allions pratiquer dans les différentes
«milongas »). Par chance, et du fait que nous
étions logés dans la famille Banchero
à San-Telmo, j’ai connu leur fils Guillermo et un
de ses copains, Marcelo , qui « musicalisaient »
une milonga très connue à B-A qui
s’appelle « La Nacional ».
Là,
ils m’ont convié derrière leurs
platines et j’ai beaucoup complété mes
acquis. Je notais tout sur mon bloc notes ! Les orchestres, leur style,
les époques, les évolutions, les
chanteurs…etc
J’ai passé aussi beaucoup
d’heures chez les disquaires à écouter
et réécouter des orchestres et je me rappelle que
j’ai dû ramener à l’occasion
de ce 1er voyage une centaine de Cd’s !
Si je compte tous
ceux que j’ai achetés depuis que je me passionne
pour le tango, je crois que j’en ai vraiment beaucoup ! De
quoi danser des centaines d’heures !
Suite à ce voyage, j’ai revu et
organisé ma programmation en essayant de respecter plus
scrupuleusement ce que j’avais appris à B-A.
(« Tandas » de 4 morceaux en
général, petite « cortina »
entre 2 « tandas » pour faire en sorte que les
couples puissent soit se séparer par «
consentement mutuel »…ou en permettant
à l’un ou à l’autre de
remercier son (sa) partenaire sans le (la)
«froisser» !
Au début, je trouvais cette façon de voir les
choses si « carrée » et si «
rigoureuse » que ça ne m’enchantait
à vrai dire pas beaucoup.
Je trouvais qu’il y avait trop de « formalisme
».
Puis assez vite, je me suis surpris à apprécier
cette « façon de voir ».
Pourquoi ? Tout simplement parce que lorsqu’une «
tanda » commence, on reconnaît
l’orchestre dont il s’agit et on sait
qu’on va danser et « s’engager
» sur 3 ou 4 tangos du même style. Si on
décide de danser, on sait que ça devrait nous
inspirer…vu qu’on le choisit !
Q - Ce qui
est
pratiqué à Buenos-Aires ou dans des festivals ou
dans certaines « milongas » est-il applicable
partout et en toutes circonstances ? Comment ça se passe
chez nous ?
R
– Je dirais que lorsqu’il y a du monde
qui vient
danser à la « milonga » on peut proposer
le concept « tanda » - « cortina
» tel qu’il est pratiqué dans beaucoup
d’endroits. Il faut cependant être très
attentif à ne pas casser, au moment de la «
cortina », la dynamique qui s’était
installée. Il m’arrive souvent de proposer un ou 2
tangos de plus dans la « tanda » qui est en train
de passer car je sens que les danseurs sont demandeurs. Du coup, la
« cortina » qui intervient ne casse pas
l’ambiance car les gens ont pris du plaisir juste avant et
cette séparation qui intervient est plus une petite pause
qu’une coupure. La « cortina » peut
permettre de redonner un nouveau souffle. Pour cela, il faut regarder,
être attentif à ce qui se passe sur la piste et
« sentir respirer » les danseurs.
Si je prends l’exemple de notre « Grande nuit du
tango argentin » (Dont la 5ème édition
aura lieu le samedi 08 mars 2008…pub !!! )
évènement « majeur et reconnu
» à Strasbourg, la « cortina »
ne « gêne » personne et passe en
général inaperçue. Les gens
s’arrêtent, discutent mais redémarrent
ensuite de plus belle ! En plus avec 400 personnes il y a toujours de
l’ambiance, un brouhaha, des gens qui circulent et des gens
qui dansent ! On ne se rend pratiquement pas compte de cette petite
coupure qui dure moins d’une minute car l’ambiance
est omniprésente à cette grande fête du
tango !
Si je prends à l’inverse l’exemple
d’une « milonga » à laquelle
il n’y a pas beaucoup de monde, l’application du
concept «tanda-cortina » est plus
délicat à appliquer. Quand les gens dansent, on
n’a pas envie de les voir s’arrêter car
la machine est parfois difficile à remettre en route ! On
compte un peu sur le fait que les couples
s’arrêtent et se séparent
d’eux-mêmes après quelques tangos.
C’est d’ailleurs ce qui se passe.
Q- Justement,
comment perçois-tu les attentes des danseurs ?
Comment y réponds- tu ?
R-
Comme je le disais, bien que je sois « Aux manettes
», j’essaie de vivre la soirée comme un
danseur qui est sur la piste. C’est, à mes yeux,
très important.
Lorsqu’on se déplace souvent, comme nous le
faisons Martine et moi, on se rend compte que dans beaucoup de
« milongas » on entend souvent des choses
classiques et traditionnelles qui plaisent c’est
indiscutable, mais qui « confinent » un peu les
danseurs dans « du connu et de l’habituel
». Si on veut vraiment s’aguerrir en tango
(C’est-à-dire essayer de bien les retranscrire et
les interpréter en dansant), je trouve que c’est
indiscutablement un plus que d’en connaître un
maximum. Je m’efforce donc de passer non seulement des tangos
qui je sais, seront appréciés par les danseurs (
Parce qu’ils leur sont presque « familiers
» ), mais d’intégrer dans une
« tanda » des choses moins
connues…histoire de sortir un peu des sentiers battus ! Ce
n’est pas toujours facile mais j’y arrive pas mal !
En fait il y a souvent un moment plus propice qu’un autre
pour « lancer » un morceau moins connu et
ça, c’est lié au feeling du
«musicalizador » à son
expérience et
à sa connaissance du bal.
C’est vrai que parfois, ça peut demander un petit
effort aux danseurs dans la mesure où ils doivent
être un peu plus attentifs et plus présents
mentalement.
Pour imager d’une autre manière, je
dirai que si l’on est habitué à manger
des pommes de terre, du riz, des pâtes, notre palais, et nos
autres sens et récepteurs « s’habituent
» à ces goûts. Lorsqu’on va
proposer des choses différentes comme pourquoi pas du quinoa
ou des topinambours on risque d’être surpris et de
ne pas aimer tout de suite parce qu’on est trop «
formaté ». Il faut
«découvrir» ces nouvelles saveurs !
D’ailleurs plus on les découvre tôt,
mieux c’est.
A ce titre on essaie dans nos cours de mettre toujours des tangos
différents pour « éduquer »
l’oreille des danseurs et pour les familiariser à
un maximum d’orchestrations. C’est très
intéressant dans les cours car les
élèves tendent l’oreille pour
reconnaître te tempo. Lorsqu’ils sentent
d’eux mêmes qu’ils ne sont plus en phase
avec la musique c’est bon signe.
J’ai aussi remarqué qu’il ne faut pas
toujours s’arrêter sur une première
écoute d’un tango.
De plus, selon qu’on
soit plus ou moins bien disposé, selon l’ambiance
générale de la « milonga » je
me suis rendu compte qu’un morceau peut être
apprécié par des danseurs ou voire même
rejeté par d’autres qui ne le
perçoivent pas de la même façon.
L’important reste quand même
d’être en permanence à
l’écoute des danseurs afin d’adapter au
mieux sa programmation pour «faire vivre
l’ambiance ».
De mon côté, comme j’écoute
quotidiennement du tango je redécouvre des choses que
j’avais oubliées dans ma «
Cd-thèque », je découvre de nouvelles
interprétations et je note souvent les associations
qu’il peut être « intéressant
» de faire.
Il m’arrive souvent de terminer une « tanda
» avec un tango et de commencer la « tanda
» suivante avec le même tango …mais et
c’est là toute «
l’originalité »…
interprété par un orchestre différent
!
Pour l’illustrer, on pourrait se
référer à un superbe tango qui
s’intitule « Y todavia te quiero ».
Je terminerai par exemple ma « tanda » de
d’Arienzo avec l’interprétation
chantée par Libertad Lamarque et reprendrai le
même morceau chanté par exemple par Jorge Falcon
dans la « tanda » suivante que
j’orienterai volontairement vers une ambiance plus
«sentimentale ».
Pour la petite histoire, dans tous les bals que j’ai
fréquentés, je n’ai
jusqu’à présent entendu aucun
« Musicalizador » procéder de la sorte
mais attention, je ne dis pas que ça n’existe pas
ailleurs !
C’est original et j’avoue que cette «
création personnelle » me plait plutôt
bien ! Avis aux amateurs !
Q –
Tu « musicalises
» la « Milonga Linda » de Tango Fuego
chaque 2 semaines et on remarque qu’à chaque
« milonga » la piste ne se vide
généralement pas. En plus lorsque il est
l’heure de ranger, les derniers danseurs ne veulent pas
partir et tu leur « offres » toujours quelques
morceaux en plus !…On perçoit aussi en te
regardant faire que tu prends beaucoup de plaisir à faire
danser les danseurs. As-tu des secrets ?
R
– Je vais reprendre les
éléments
à l’envers et dire qu’effectivement je
prends beaucoup de plaisir quand je vois les danseurs qui «
prennent leur pied ». Je suis « musicalizador
» un peu par la force des choses mais je suis avant tout un
danseur qui adore la musique tango. J’aime aussi bien les
tangos chantés que les tangos instrumentaux et
personnellement je « prends vraiment mon pied »
quand je vais danser dans une « milonga »
où le « musicalizador » sait doser
subtilement les deux.
Dans une « tanda » de 4 tangos, j’aime
assez mélanger 2 instrumentaux et 2 chantés ou 3
et 1, ça dépend de l’émotion
que je veux essayer de transmettre.
La difficulté, lorsqu’on est «
musicalizador » « sédentaire »
c’est de se renouveler et de ne pas proposer à
chaque fois les mêmes « tandas ». Comme
j’ai une « Cd-thèque »
plutôt étoffée et comme
j’écoute quasi quotidiennement mes Cd’s,
j’arrive proposer des choses toujours différentes
en essayant à chaque fois de « surprendre
» un peu les danseurs.
J’aime aussi les contrastes
et pour les valses par exemple, j’aime assez
mélanger les orchestres et les styles. Ça ne
choque pas outre mesure les danseurs présents. Il
m’arrive de passer « Amor y primavera »
d’Emile Waldteuffel et derrière « Amor y
celos » de d’Arienzo ! Essayez ça passe
très bien.
Je pense aussi que, si généralement la piste est
bien occupée, c’est parce que les gens prennent
plaisir à danser et se sentent bien. J’essaie en
tant que « musicalizador » de faire tout ce qui est
en mon pouvoir pour que les danseurs repartent satisfaits avec le
sentiment de s’être détendus.
D’ailleurs, le reste de notre petite équipe en
fait de même au bar, à la déco,
à l’accueil et pour la préparation des
pâtisseries ! Nous nous investissons tous à 100%
en permanence pour que chaque soirée soit une
réussite.
C’est vraiment dans notre «
Façon de penser » que de s’investir
toujours pleinement. (Au niveau de nos cours, il en est de
même…pub ! )
Tout cela fait qu’à la « Milonga Linda
» on s’y sent bien.
C’est en tout cas ce que beaucoup de gens qui sont de passage
viennent nous dire spontanément et sincèrement.
Comme ces gens sont de passage, ça nous fait
d’autant plus plaisir !
Entre nous soit dit, si on a choisi de baptiser ainsi notre milonga et
si « Milonga Linda » lui va si bien, ce
n’est pas pour rien… !
Encore « pub » !
Mettre quelques morceaux en plus en fin de soirée
ça fait partie de notre philosophie, c’est dans
notre mentalité car nous avons à cœur
d’être « généreux
».
C’est aussi notre façon de remercier les danseurs
et de leur faire savoir que nous avons passé une belle
soirée ensemble.
Q –
Alors que maintenant tu disposes d’un
ordinateur portable ( Même deux ! ), on te voit encore
emmener à la « Milonga Linda » tes 2
mallettes de Cd’s, tes lecteurs Cd’s et tes
mini-disc, ton bloc-notes …rires… !!!
R-
Je n’accorde qu’une confiance vraiment
très limitée à
l’informatique et comme le dit l’adage :
« Mieux vaut prévenir que
guérir!».
Je le reconnais, j’emmène
généralement (Mais pas toujours) avec moi une
bonne centaine de Cd’s, mes 2 lecteurs Cd’s, mes 3
lecteurs mini-disc, des compilations sur mini-disc car ce serait
dommage d’interrompre une soirée du fait
d’un problème informatique.
En cas de plantage, j’ai donc une alternative, et bien que
ça représente des choses assez encombrantes
à véhiculer, la sécurité
que ça m’apporte compense largement le stress que
j’aurais si je n’étais
dépendant que d’un seul appareil.
Je dois reconnaître que l’ordinateur est
réellement un plus car il facilite beaucoup le travail de
préparation et permet de mieux s’organiser. On
peut ranger, trier, classer, enlever, effacer, mettre des
commentaires…etc
Une petite anecdote :
Au début,
lorsque je suis passé du lecteur Cd’s traditionnel
à l’ordinateur, j’ai
été assez déboussolé car
j’avais l’habitude de «voir»
mes Cd’s.
En voyant la pochette, j’en connaissais
immédiatement son contenu et je savais si j’allais
l’utiliser ou pas.
Avec l’ordinateur, il
n’y a que des titres d’albums, des titres de
chansons et il faut alors revoir sa façon de classer et de
se souvenir des morceaux… Il faut un peu de temps pour
s’y adapter mais, lorsqu’on le maîtrise,
on y prends goût ça devient un outil
précieux et performant !
Q
– Pour les non initiés : «
Milonga Linda
» ça veut dire quoi ?
R-
La traduction
littérale serait : « Milonga belle ».
Nous l’avons volontairement « baptisée
» ainsi (Il y a encore un an, c’était la
« Milonga del Viernes ») car elle
reflète une soirée tango telle qu’on la
conçoit et telle qu’on la construit.
Dans notre cas le terme « Milonga Linda » regroupe
surtout les qualificatifs « agréable,
détendu, sympathique, chaleureux, convivial ».
La « Milonga Linda » est avant tout une belle
soirée de détente que Tango Fuego propose
à la veille du week-end .
Elle vise un public très large.
On y vient, qu’on soit danseur, mélomane,
spectateur… ou …simplement gourmet et gourmand
car les pâtisseries proposées sont
délicates et excellentes !
Avec un prix d’entrée de quelques euros seulement,
c’est une soirée à coût
« modeste » si on sait que dans ce prix sont
offertes une boisson et une part de pâtisserie !
De plus avant le début de la soirée proprement
dite (Qui dure de 21h30 à 1h), Martine et moi proposons
à tous les danseurs qui participent à la
« Milonga Linda » un stage thématique
gratuit de 20h30 à 21h30.
Ça fait partie de notre passion pour le tango, de notre
volonté de promouvoir le tango et de notre conception de
l’associatif. Une simple forme de
générosité quoi !
Q –
Avant
de finir ta devise de « Musicalizador » est :
« 1 siècle de tango en 1 soirée
». Est-ce possible ?
R
– Presque car, au cours d’une
soirée,
je m’efforce vraiment de proposer des tangos de toutes les
époques.
De la vieille garde à
l’électrotango en m’attardant beaucoup
sur la période de l’âge d’or.
J’essaie d’être le « gardien
» de toute cette musique, de toute cette
littérature et de toute cette poésie qui font que
le tango soit si riche.
Renouveler sa programmation,
l’enrichir de choses moins connues, proposer des tangos ou
des interprétations « oubliées
» ou simplement « inconnues » des
Dj’s, c’est enrichir la culture musicale des
danseurs, c’est faire honneur à la culture tango
et c’est être la mémoire des paroliers
et musiciens qui les ont écrits.
Q –
Dernière question (Si on ne
t’arrêtes pas tu peux continuer des heures !) votre
« Devise » c’est : « Tango
Fuego …el tango como en Buenos-Aires ». Pourquoi ?
R-
Tu en oublies une autre ! (…Rires)… nous avons
aussi : « Tango Fuego…la passion du Tango Argentin
à Strasbourg » !
Pourquoi ? Parce qu’avec Martine et avec notre petite
équipe, nous sommes persuadés que sans passion
rien ne peut exister.
Nous aimons tellement le tango que ça nous donne vraiment
envie de le faire connaître et de le partager avec les
autres.
Nos soirées (Comme nos cours d’ailleurs) se
veulent avant tout un moment de détente et de
convivialité.
Dieu sait si on en a besoin quand on sort d’une
journée de travail !
Apprendre ou enseigner le tango c’est super mais il faut que
ça reste un plaisir partagé.
Plaisir d’enseigner pour nous et plaisir
d’apprendre pour nos élèves.
A Tango Fuego, notre volonté est de motiver chaque couple,
chaque élève et nous passons avec chacun le temps
qu’il faut pour les encourager et les faire progresser. On ne
fait pas d’élitisme et on essaie de
s’adapter aux aptitudes de chaque danseur.
Nous ne sommes pas non plus du genre à nous prendre la
tête car, vous savez, l’expérience nous
montre qu’on trouve toujours plus beau, plus fort, meilleurs
que soi !
Comme dans toute discipline, il faut savoir rester « humble
».
Nous avons aussi à cœur de transmettre un Tango
« authentique » comme des danseurs
expérimentés le dansent dans les milongas de
Buenos-Aires.
Attention, qu’on soit clair : « Authentique
» ça ne veut pas dire « rétro
» et ce n’est pas non plus le contraire de
« moderne » ! « Authentique,
c’est surtout dans le ressenti ».
Pour nous ça signifie une grande présence dans la
danse, de la délicatesse, une grande attention à
la musicalité, du respect vis-à-vis des autres
danseurs, une façon bien particulière de se
déplacer, de la finesse dans les pas…etc
Ce qui compte à mes yeux (Et aussi à ceux de
Martine !) ce n’est pas de « brasser du vent
», ce n’est pas de « jeter de la poudre
aux yeux » et c’est encore moins de «
bouger beaucoup pour qu’on vous remarque » !
Les couples que j’observe ou que j’aime voir danser
et sur lesquels mon regard s’arrête, sont les
couples où, derrière la technique, on
perçoit une réelle communication et une vraie
osmose, où on « sent » des
échanges, de la finesse, de la subtilité, de la
créativité…etc
Lorsqu’on est
« débutant » on ne voit pas tout cela
car on n’a pas de référentiel. (Je
parle par expérience !)
Le « débutant » se laissera facilement
« impressionner » par des choses qui «
paraissent » compliquées sans forcément
l’être et ne remarquera pas une figure «
subtile » derrière laquelle il y a du travail
parce qu’elle paraît justement tellement simple et
tellement facile !
Tout en restant « humbles et modestes » nous
pensons être sur la bonne voie car beaucoup de danseurs
professionnels en nous observant, nous ont déjà
« encouragés et f élicités
» pour notre façon élégante
de danser.
Pour nous le « Tango argentin » c’est
à la fois l’emblème et
l’école de
l’élégance et de la finesse mais aussi
celle de la patience.
Comme j’ai déjà eu l’occasion
de le dire, et pour conclure, j’imagerai en disant que le
« Tango argentin » c’est comme un
« Pur sang » ! Il faut l’observer pour
mieux l’approcher, être patient pour mieux le
connaître, être déterminé
pour espérer l’apprivoiser et le
maîtriser un jour !
Bon Tango !
Petit lexique pour les lecteurs
« non-initiés
»
«
Musicalizador » : Littéralement,
celui
qui « musicalise », et qui propose les
thèmes musicaux aux danseurs.
Le Dj dans l’appellation anglo-saxonne.
«
Musicalizador » « sédentaire
» : Un Dj qui anime
régulièrement une
« milonga » au même endroit.
«
Tanda » : Littéralement
c’est une série, un groupe.
Dans notre cas, série de plusieurs morceaux de tango (4 en
général mais il arrive qu’il
n’y en ait que 3 ou qu’il y en ait 5), en principe
du même orchestre, de la même époque,
instrumentaux ou chantés. Les soirées tangos sont
en général calquées sur le
schéma : « 4 tangos - 4 tangos - 3 ou 4 valses - 4
tangos – 4 tangos – 3 ou 4 milongas puis reprise du
cycle 4 tangos…etc
On parle d’une « Tanda » de 4 tangos, ou
un « Tanda » de 4 valses…etc
«
Cortina » Littéralement
c’est le rideau (Comme celui qui est à une
fenêtre ou au théâtre !).Dans notre cas,
petit « interlude musical » en principe «
indansable » à la fin d’une «
Tanda » qui permet tout simplement aux couples de se
séparer pour pouvoir ensuite danser avec un nouveau (une
nouvelle) cavalier (cavalière).
«
Vieux Milongueros de Buenos-Aires » .Dans ce
contexte, « vieux » danseurs qui ont
dansé des heures et des heures…Des vieux de la
vieille en quelque sorte qui ont fréquenté toutes
les milongas et qui ont dansé toute une vie!
«
Milonga » Danse du Rio de la Plata
différente du tango par le tempo mais aussi endroit
où on va danser.
« Aller à la milonga » c’est
aller danser.
Une « Milonga » c’est un endroit
où l’on va danser la tango, la valse et la
« milonga » !
«
Milonga del Viernes » … Sans beaucoup
d’imagination « Milonga du vendredi » car
elle est programmée le vendredi !
«
Milonga linda
». Milonga littéralement «
belle
»et dans notre cas, « Milonga » sympa,
agréable, chaleureuse, conviviale …
«
La milonga …como en Buenos-Aires » :
La milonga comme à Buenos-Aires, dans le respect de la
tradition.
«
B-A » : Abréviation de Buenos-Aires
«
Tango Fuego » …. A vous de deviner !
Pour vous mettre sur la piste, on vous laisse imaginer toute la passion
qui s’y cache !
|
|
Retour
haut de page
|
 |